Dimensionnement d'une image
Dans notre loisir, l'appareil de tous nos soucis, je parle de l'appareil photo,crée une image dans une dimension qui nous échappe complètement.
C'est la taille du capteur. Point !
Mais, comment je vais regarder cette image ? Comment je vais la présenter à mon public ?
Comme d'habitude en photo, à question simple,
réponse complexe !
D'autant que l'image que je veux présenter n'a rien à voir avec le fichier informatique qui va la créer.
Donc : s'il y a une taille de fichier, il y a une taille d'image. Et ces deux tailles ne sont pas nécessairement liées.
La taille du fichier
C'est d'abord le problème de l'appareil : qu'il se débrouille !
C'est ensuite le problème de l'ordinateur : qu'il se débrouille !
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La taille de l'image
C'est un problème de présentation :
- sur quel support
- pour quel public
- question de format
- question de tailles
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Le support
Le papier
Le photographe amateur a très longtemps été limité au format papier dit
carte postale
: 10cm x 15cm
C'était le format standard de livraison des images par les lobos photo à la grande époque de l'argentique quand tous les formats rectangulaires, du 24x36 au 6x9 proposaient des format dits
3/2 :
la longeur vaut 1,5 fois la largeur du support.
Quand il existait un format carré (6cmx6cm, Instamatic de chez Kodak ou Rapid de chez Agfa), les tirages se faisaient alors en 9cmx9cm ou 10cmx10cm.
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Puis sont arrivés des formats un peu différents : les appareils APS proposaient un rapport 4/3 avec en plus la faculté de faire des images plus
panoramiques.
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la télévision
Avec le numérique, est apparue la possibilité de voir ses images sur un écran de télévision. En passant d'ailleurs par l'écran de l'ordinateur.
Mais, les formats de l'image sont très élastiques :
- 4/3 pour la télé «ancienne mode»
- 16/9 depuis quelques années et la télé
HD
Quant aux écrans d'ordinateurs, ils sont d'une élasticité prodigieuse depuis quelques années. Il semble s'arrêter au format 16/9, comme la télé... Enfin presque, car il reste une différence de taille : la taille, justement.
Aujourd'hui, le suport papier revient en force par les tirages sur Internet avec la fabrication d'albums photos, calendriers et autres astuces, rendus possibles par le numérique.
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: Ainsi, les amateurs qui utilisaient des appareils
moyens format
comme les 6x6, recevaient des images à la taille de timbres postes, alors que la qualité de leur matériel permettait des agrandissements inconnus dans les formats plus petits.
Le public
Question essentielle :
QUI
va regarder mes images ?
Si je suis mon seul public, il me suffit d'un bon ordinateur avec un écran un peu au-dessus de la moyenne : je fais ce que je veux.
Si je souhaite montrer mes images à des tiers, ma famille ou des étrangers, il convient alors de mettre au point une stratégie de spectacle pour montrer mes oeuvres. Quel moyen, télé ou papier ? Quelle taille d'image : petit ou grand tirage ?
Une question à ne pas oublier : suis-je maître du format de présentation ou pas ?
Je peux décider de la taille papier d'une image imprimée. Sur une télé, je reste lié au format de son écran.
Mes images seront à voir dans un album ou dans une salle d'exposition ? La taille va bigrement dépendre des conditions de lecture.
Question de format
Premier écueil :
le format de l'image cliché est-il le même que le format du tirage papier ou numérique ?
Vraisemblablement :
NON !
Deuxième écueil :
mon support de présentation est-il entièrement à ma disposition ? Si je peux découper une feuille de papier de la forme que je veux, j'aurai plus de mal à donner à l'écran de ma télé une dimension autre que celle que lui a donné son fabricant.
Troisième écueil :
plus c'est grand, plus c'est cher ! Et ce, quelque soit le moyen utilisé : imprimante A3, écran géant, agrandissement type professionnel, etc.
Conclusion
En fait, il n'y a aucune relation directe entre :
- le format du fichier issu d'un appareil photo
et
- le format de l'image qui sera présentée à ses lecteurs.
Donc : comme très (trop ?
**
) souvent en photographie, le problème est à résoudre ...
par le photographe !
Cela devient donc en fait
une question de tailles
: taille entre les différents formats et taille de l'image à restituer.
** trop :
si ce n'était pas ainsi, quel plaisir y aurait-il à faire de la photo ?
Y-a-t-il des solutions ?
J'utilise le format de mon appareil
Ici, un format APS-C, donc 3/2.
Si je veux découper un format 16/9, je dispose de la surface limitée par le rectangle rouge.
Problème :
est-ce que le sujet tiendra correctement dans la surface souhaitée ?
Ici, on arrive à garder une image correcte dans un format plus allongé que le format de l'appareil.
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En revanche :
ici, le cadre de la prise de vue est très serré sur le chalet.
Chercher un format plus allongé rogne encore plus sur le sujet.
Conclusion :
comme d'habitude, il faut penser sa photo !
A ajouter dans les 2 à 5 secondes d'avant déclic : quel format je tirerai de cette photo ?
Ici, le cadrage est serré. Mais,l'image ne nécessite pas une correction d'horizontalité.
Dans ce cas, il faudrait en plus tenir compte des zones de l'image rendues inutilisables parce que disparues dans le redressement.
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ATTENTION !
Pour tous ceux qui préconisent le compact ou le bridge contre le réflex : le format des petits appareils est bien souvent dans un rapport 4/3, donc plus carré.
Dans ce cas, chercher un format allongé n'est pas simple !
Ici, l'image d'origine a déjà été retaillée au format 4/3, format de presque tous les compacts et bridges.
Sortir un format 16/9 est encore plus difficile à exécuter.
Donc : attention à la prise de vue : le capteur est déjà petit, on va enlever plein de pixels en haut et en bas. Et, en fait, malgré les 10 millions de pixels vendus, il ne va en rester que la moitié pour construire sa photo !
Note : cela devient compliqué ? On fait de la photo ou on appuie seulement sur le bouton ?
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De la photo «grand axe vertical»
Tout le monde en fait ! A tord ou à raison ?
Tant qu'on reste sur du papier, il suffit de tourner d'un quart de tour. Et le tour est joué ! Na !
Ben ouai !
Mais, avez-vous déjà fait faire un quart de tour à votre poste de télé ?
Question complètement idiote !!!!!! ... Et pourtant !
Données du problème :
je veux présenter mes images sur un téléviseur haute définition (s'il vous plaît !) au format 16/9. Mes clichés sont issus d'un Canon 350D, au formar 3/2.
Cliché original
Tout ce qu'il y a de plus courant :
- pas de recul
- sujet haut
- déformations de perspective.
Préparation du cliché
Pour faire un travail qui tienne la route, il faut assurer la bonne verticalité de l'ensemble.
Ensuite, il faut rectifier la déformation due à l'objectif : régler les problèmes de ligne de fuite. Si, dans la réalité, les lignes verticales sont parrallèles, elle doivent le redevenir aussi sur la photo.
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Calage de la verticale
Première opération :
Avant toutes reprises des perspectives, il faut avoir une image bien verticale. Revoir le chapitre qui traite de ce problème, éventuellement.
Ici, je choisis comme verticale de référence, le pilier droit de la fenêtre.
Je place le trait de repère vertical sur ce pilier. Je dois faire une légère rotation dans le sens horaire. Cette rotation provoque déjà une perte de pixels.
Récupération de la perspective
Deuxième opération :
maintenant que l'image est droite, je veux retouver la vertricalité du monument.
J'utilise donc l'outil perspective.
Je place les repères verticaux sur le pilier gauche de la fenêtre et sur l'angle du mur pour caler correctement ma reprise.
Je resserrre l'image jusqu'à avoir le résultat souhaité.
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Résultat ?
Défaut géométrique
du format de l'image : j'ai du rétrécir énormément la base du cliché pour obtenir la bonne verticalité. A tel point que si je veux enlever les zones blanches, l'image devient assez étroite pour faire disparaître le côté gauche de la fenêtre.
Solution :
- soit je remplis les zones blanches en bas de l'image avec le tampon qui va m'aider à crer «des fausses pierres»
- soit je resserre moins l'image. Les verticales ne seront plus tout à fait parallèles. Ce qui, en fait n'est pas très gênant, car en réalité, mon oeil ne gère pas complètement les perspectives et je vois le haut du monument plus petit qu'il n'est en réalité. Mais, le défaut est nettement moins prononcé qu'au travers de l'objectif.
La solution idéale est un compromis entre les deux possibilités. L'image finale tient donc dans le rectangle vert.
Ce qui n'est pas un problème, sauf que :
d'un rapport d'image 3/2, on arrive à une image 6/2 !
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Et la télé ?
Maintenant, portons cette image sur l'écran 16/9 du téléviseur (surface jaune).
Si je pose une image au format 3/2, donc plein cliché de mon appareil sur un écran 16/9, j'utilise la surface du rectangle violet.
Après avoir retouché mon cliché d'origine pour obtenir une image regardable, il ne me reste qu'une toute petit portion d'écran utile !
Bilan ?
Si mes photos sont destinées à être présentée sur un téléviseur,
il faut proscrire les images prises en grand axe vertical !
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Y a-t-il une solution ?
Oui !
Et elle est très simple : si je veux faire une image verticale d'un sujet, je fais
DEUX
clichés :
- un premier en
grand axe vertical
pour utilisation autre que sur un écran
- un deuxième en
grand axe horizontal
pour l'image qui sera présentée à la télé !
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