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Couple Ouverture - Temps de pose

Quantité de lumière

          Pour « écrire » une photo, il faut une quantité de lumière précise.
- Assez pour que l'écriture soit bien lisible.
- Pas trop pour que « ça ne bave pas ».
          Et ce dosage dépend de la sensibilité du capteur.

          D'où deux problèmes :
- mesurer la quantité de lumière nécessaire ;
- regler pour obtenir cette quantité.

Mais, où est le problème ?

          Suffit-il d'amener assez de lumière pour faire une photo ?
          Ou faut-il disposer des moyens pour gérer la lumière qui arrive sur le capteur ?

          Naturelle ou artificielle, on utilise la lumière qui innonde notre sujet.
          Et, en fait, il faut adapter notre appareil à cette lumière.

          Objectif : maitriser la lumière que le sujet envoie à l'appareil.

Mesurer la lumière

          Depuis très longtemps, le photographe utilise une cellule photosensible pour mesurer la lumière. C'est le posemètre.
          Longtemps, la cellule a été un petit instrument accompagnant l'appareil photo, exemple la Sixtar ci-dessous,... jusqu'au jour où un ingénieur a eu l'idée de l'attacher à l'appareil, comme sur l' Edixa ci-contre.
          Très peu de temps ensuite, un autre ingénieur eut l'idée de mettre le posemètre dans l'appareil avec une lecture au travers de l'objectif.
          Et aujourd'hui, il n'existe plus un seul appareil pouvant faire des photos qui ne soit pas muni de sa cellule photoélectrique.

          En fait, « régler les ISO » sur un appareil numérique est exactement la même démarche que « régler les ASA » autrefois sur la cellule.
          La seule différence est qu'avant le nombre d'ASA était inscrit sur la boite de la pellicule. Alors qu'aujourd'hui, le photographe a le choix des armes.

          La mesure s'effectue en appuyant à mi-course sur le déclencheur de l'appareil.
Edixa Prismaflex avec cellule embarquée.

Apporter la lumière nécessaire

          Hypothèses :
- on sait que la quantité de lumière que le capteur doit recevoir pour faire une photo est précise.
- on sait qu'un posemètre sait mesurer cette lumière ;
- on sait que cette quantité de lumière dépend de deux facteurs :
          - combien de temps éclairons-nous le capteur :
               - c'est le temps de pose ;
          - quelle quantité laissons-nous passer pendant ce temps précis :
               - c'est l'ouverture du diaphragme.


          Problème à résoudre :
- comment trouver le couple temps de pose - ouverture du diaphragme qui apporte la quantité de lumière précise mesurée ?
Place Stanislas, Nancy.

Faisons une petite expérience

          1 - Munissons-nous de deux doubles décimètres graduées que l'on pose tête-bêche l'un contre l'autre comme ci-contre, les graduations des cm en face les unes des autres.
          2 - Additionnons les valeurs de chacune des graduations :
               sous le premier trait rouge : 17 + 7 = 24
          3 - Additionnons les valeurs de chacune des graduations :
               sous le deuxième trait rouge : 9 + 15 = 24

          1° Constat : sur toute la longueur des règles, le total est le même :

graduation règle du haut + graduation règle du bas = constante

Principe de la mesure de la lumière 1.
          Poursuivons l'expérience en décalant les deux règles, comme ci contre.

          Maintenant, les graduations nous donnent toutes un total de : 10 + 12 = 22

          2° constat : en décalant les règles l'une par rapport à l'autre, on peut modifier la constante.

          Conclusion :
- si une règle est graduée en temps de pose,
- si l'autre règle est graduée en ouverture de diaphragme,
- si on relie une des règles au moyen de mesure de la lumière, on obtient un appareil capable de donner les valeurs précises . On aurait :

Quantité de lumière = temps de pose (+) ouverture de diaphragme.


Principe de la mesure de la lumière 2.

Règles du posemètre

          Règle des temps de pose : de 1/1000° de seconde à 1 seconde :
-d'une valeur à l'autre, le temps est multiplié par deux :
          ... - 1/1000° - 1/500° - 1/250° - 1/125° - 1/60° - 1/30° - ... - 1s - 2s - 4s ...

          Règle des ouvertures de diaphragme : de f/1 à f/45 :
- d'une valeur à l'autre, la surface du trou du diaphragme est divisée par deux :
          f/1 - f/1.4 - f/2 - f/2.8 - f/4 - f/5.6 - f/8 - f/11 - f/16 - f/22 - f/32 - f/45

          Si l'échelle des temps de pose est évidente, celle des ouvertures est un peu plus complexe :

Pourquoi f/x ?

          « L'ouverture N est le rapport entre la focale de l'objectif f et le diamètre D le plus contraignant sur le chemin optique : N = f/D » . (Wikipedia)
          Si l'objectif dispose d'un diaphragme, le diamètre D devient le diamètre du trou du diaphragme.

          Pour ne pas dépendre de la focale de l'objectif f , l'habiture est de nommer le rapport d'ouverture.
          Donc : dire que l'ouverture est de 8 signifie en fait que le diamètre du diaphragme est de :
                       focale / 8 d'où la notation : f/8 .

          On peut monter des objectifs de différentes focales sur un appareil. On exprimera toujours l'ouverture du diaphrame en fonction du rapport f/D et non de la valeur réelle de l'ouverture, puisque D a toujours les mêmes valeurs connues et simples.

          Encore un petit problème : le nombre D rend compte d'une surface. D'où l'utilisation d'une progression géométrique de raison 1.4 (Racine de 2) pour que d'une valeur à l'autre, la quantité de lumière soit divisée par 2. D'où les valeurs notées ci-dessus.
Utilisation du posemètre.

Encore une toute petite remarque mathématique.

          Revenons sur les règles de notre petite expérience :
               - les mesures sont tête-bêches. Quand l'une augmente, l'autre diminue.
          Sur le posemètre :
- sur l'échelle des temps, le temps double de gauche à droite.
- sur l'echelle des ouvertures, l'ouverture est divisée par deux de gauche à droite.

          La formule deviendrait : luminosité = temps de pose X ouverture de diaphragme

          Logique ! Rappelons-nous des logarithmes : Si on a C = A x B, alors log C = log A + log B.
          Donc : « rien à changé ». ( C'est le principe des Règles à calculs ).
Echelle temps de pose - ouverture.

          Merci d'excuser le raccourci mathématique. Mais, l'idée est là

Quid de « la constante » ?

          Dès l'expérience des règles ci-dessus, on a parlé d'une constante .
          Elle existe toujours : chaque couple temps de pose - ouverture donne en fait une constante qui est indiquée sur le posemètre sous la flèche rouge :

          C'est la quantité de lumière donnée par l'indice de lumination : IL

          On trouve très souvent les expréssions : « augmenter de 1 IL » ou « diminuer de 2 IL »

          En fait, cela revient à dire : décaler les règles du posemètre d'une graduation en plus ou de deux graduation en moins pour obtenir d'autres couples temps de pose - ouverture.
Réglage de la sensibilité.

Bof ! ... Et tout cela pourquoi ?

          Parce que c'est rien moins que le noeud de la photographie !

          De la compréhension de la luminosité dépend toute la technique de la photographie :
- savoir mesurer la lumière et savoir interpréter cette mesure pour faire des photos.

          Si on a compris le principe, il devient facile de comprendre plein de choses :
- corriger les anomalies de lecture ;
- interprêter les réglages de contre-jour ;
- savoir faire une photo de coucher de soleil ;
- faire de la photo hdr ;
- utiliser la molette de réglage des IL
- etc.

          Et les appareils d'aujourd'hui utilisent cette notion pour afficher les mesures du posemètre intégré.
Travail de castor, Maron.

Méthodes des appareils modernes.

          La lecture de la lumière se fait au travers de l'objectif.
          C'est la mesure TTL .

          Le résultat est donné sur une échelle semblable à celle ci-contre, visible dans le viseur et/ou sur l'écran de contrôle :
- une graduation de -X à +X, ici, -3 à +3, (pour exemple 5D mark III).
- un index (Canon) ou une petite flèche (Nikon) qui, en général est juste sous le zéro.

          Pourquoi l'index est-il à Zéro ? Parce que l'appareil a déterminé les réglages «sensibilité - temps de pose - ouverture» sur le bon IL.
Echelle de lecture d'un réflex 1.

          Echelle de mesure de la lumière avec réglage équilibré sur l'IL.
          Si on utilise son appareil en automatique, les automatismes règlent tout seuls les bonnes valeurs de temps de pose et d'ouverture, voire de sensibilité ISO pour être bien réglé : l'index est pile sous le zéro.

          Mais, si on passe en manuel, l'index se décale immédiatement ou la flèche grandit, grandit ... jusqu'à ce qu'on trouve le bon couple temps de pose ouverture ... qui ramène l'index à Zéro ... en tournant les manettes.
Echelle de lecture d'un réflex 2.

          Echelle de mesure de la lumière avec réglage déséquilibré sur l'IL.

Caler l'index sur le Zéro

          Plus techniquement : comment caler l'index sur le bon IL

          En mode de prise de vue manuel, M :
- Choisir la sensibilité.
- Choisir une vitesse avec la molette près du déclencheur.
- Choisir l'ouverture avec l'autre molette (appuyer sur le bouton inverseur +/-)...
... jusqu'à ce que l'index soit sur le zéro.

          En mode de prise de vue Av, Tv ( A,S, pour Nikon) :
- Choisir une sensibilité.
- L'appareil se débrouille pour caler temps de pose et ouverture sur l'IL :
          si on modifie un paramètre, l'appareil modifie l'autre immédiatement

Pourquoi deux réglages Av, Tv ?
          A luminosité équivalente, donc à IL constant, les deux modes sont rigoureusement identiques : si on modifie un paramètre, l'autre se recale automatiquement.
Caler l'index sur Canon.
Canon 70D

          Mais, si la mesure de la luminosité change au cours de la visée ou d'une prise de vue à l'autre, donc, si l'Indice de lumination change :

- Si on est en mode Av (A) : priorité à l'ouverture :
          - le photographe est maître de l'ouverture,
          - l'appareil cale le temps de pose sur le bon IL

- Si on est en mode Tv (S) : priorité au temps de pose :
          - le photographe est maître du temps de pose,
          - l'appareil cale l'ouverture sur le bon IL

          Il ne reste plus qu'à savoir pourquoi choisir le mode Av plutôt que le mode TV ou vice-versa.

Deux autres modes : P et Auto :

          Rien à dire ! Sinon que l'appareil se débrouille tout seul.
          Mais, si on cherche à devenir photographe amateur averti , ces deux modes ne sont jamais utilisés. On joue dans la cours des grands ...
Caler l'échelle sur Nikon.
Nikon D3200

Comment choisir le couple temps de pose - ouverture?

          A indice de lumination donné, on dispose de plusieurs couples temps de pose - ouverture.
          Quelles sont les limites ?

          Premières limites : technologie de l'appareil :
          Le choix des temps de poses n'est pas infini. Quoi que sur les appareils de qualité correcte, la plage est assez grande et convenable pour 98% des prises de vue.
          L'échelle va de 1/2000° de seconde ou moins à plusieurs secondes.

          Deuxième limite : l'objectif :
          Un objectif a une ouverture maximum de par sa construction. Cette ouverture maxi est inscrite dans sa dénomination.
          Exemple : CANON ZOOM LENS EF 28-135mm 1:3.5-5.6 IS
          Cela signifie : objectif à focale variable de 28 à 135 mm, dont l'ouverture maxi est f/3.5 à 28mm et f/5.6 à 135 mm.

          Le même objectif a une autre limite : la fermeture maximum du diaphragme. Cette donnée n'est lisible que dans la notice technique. Elle est de l'ordre de f/22

          Pour un tel objectif, les couples utilisables seront donc ceux dont l'ouverture oscille entre f/3.5 et f/22

          Le choix des ouvertures est plus limité que le choix des temps de poses.



Autres critères de choix

          Troisième limite : temps de pose incompatible :
          Si le sujet est mobile, le temps de pose devra être le plus bref possible pour éviter un sujet flou. Un temps de 1/250° s est un minimum. Souvent, il faudra 1/1000°s ou plus.

          Quatrième limite : la fébrilité du photographe :
          Pour qu'une photo soit lisible, il faut maintenir l'appareil bien fixe. Et en dessous de 1/60° s, c'est de plus en plus difficile de ne pas bouger.

          Cinquième limite : la profondeur de champ :
          C'est la zone de la photo qui est nette entre le premier plan flou et l'arrière plan flou.
          Cette donnée est maitrisée par l'ouverture : plus le diaphragme est fermé, plus la plage de profondeur de champ est grande. Pour avoir une bonne profondeur de champ, l'ouverture doit être inférieure à f/11 environ.

Conclusions

          Si la théorie autorise un choix multiple de couples temps de pose - ouverture , la réalité des faits limite grandement ce choix.
          Et la qualité du photographe se mesure à sa dextérité à choisir le bon couple temps de pose - ouverture.

          Heureusement pour lui, les nouvelles techniques numérique lui laissent la possibilité d'augmenter ses choix en modifiant la sensibilité de son capteur.

Et ... en pratique ?

          A l'époque de l'argentique (sauf dans les dernières années), tous ces réglages étaient du ressort du photographe : manuels, point !
          Il mesurait la lumière avec son posemètre et il réglait son appareil.

          A l'époque du numérique : l'appareil apporte des aides aux mesures et aux réglages.
          Mais tout se passe toujours comme avant ! Le photographe en a conscience ... ou pas.

          L'art de la photo, c'est de savoir utiliser toutes les ressources de son appareil pour profiter de toutes les possibilités de faire des photos.

          Ci-contre : une chambre professionnelle Linhof.
          C'est une boite à savon comme le sténopé.Sauf qu'elle est « tordable » dans tous les sens et que son prix était équivalent à celui d'une voiture de moyenne gamme. Et qu'il n'y avait aucun automatisme.
          Pour prendre 1 cliché, il fallait généralement de plusieurs minutes à plusieurs heures.
Appareil «tordu».

Conclusions

          Certainement que cette page est ardue. J'ai essayé de la faire la plus simple possible à appréhender.
          De la compréhension de cette page dépend la vie du photographe.

          En effet, toutes les astuces plus ou moins sophistiquées dépendent de la compétence du photographe à jouer sur l'IL , tant vue de la technique que vue de la qualité artistique.

          Cela s'apprend de deux façons :
- savoir que cela existe et comment le gérer ;
- apprendre à anticiper au fur et à mesure que l'expérience personnelle grandit.

          Donc : yapuka essayer de se servir de toutes ces informations jusqu'à ce que cela devienne des reflexes. Mais, il faut du temps. Du temps. Du temps ...
          Et encore du temps !
Mesure de la lumière avec un posemètre.




 
Ecrit et composé avec GenPh© -CopyrightDepot.com 00035368- V 2.010-5601-MMag du 26/12/2006

  Dernière modification : 03/04/2015