Hauteur de prise de vue
Dans l'exposé sur les lignes fortes, nous avons vu comment il était difficile de résoudre la verticalité des verticales.
Le cas se présente de deux façons :
- le sujet est haut, voire très haut, cas du minaret de la mosquée (

) ... ou l'opérateur est petit ou très petit ;
- l'opérateur est très haut ou seulement très grand ou le sujet est petit, voire très petit.
Ce n'est donc qu'une histoire de relativité de taille.
La règle est simple :
l'objectif doit être à mi-hauteur du sujet.
Si l'opérateur est au-dessus de la mi-hauteur du sujet, la prise est dite
en plongée.
Si l'opérateur est au-dessous de la mi-hauteur du sujet, la prise est dite
en contre plongée.
«- Mais, c'est évident, mon cher Watson !
- Oui ! mais, ce qui l'est moins, c'est que la position qui compte n'est pas celle de l'opérateur, donc du photographe, mais celle
de l'objectif de l'appareil photographique
! »
Deux phénomènes vont à l'encontre de la bonne position de l'objectif de l'appareil :
- les gens sont de plus en plus grands. Donc, attention notamment à la photographie des enfants par des parents qui ont oublié d'arrêter de grandir ;
- l'appareil photo, donc l'objectif, est porté à hauteur de l'oeil, donc à la hauteur maxi du bonhomme.
Si la ceinture est à peu près la mi-hauteur d'un personnage, mettre l'appareil en position à l'oeil du photographe entraîne ipso-facto une image en plongée dans les photos de famille.
Remèdes à la hauteur de l'objectif
D'abord, se souvenir que l'idéal est
la visée horizontale
.
Pour éviter
la contre plongée
, les solutions sont entre autres :
-
s'élever
: profiter d'un obstacle pour monter dessus, viser au juger en tenant l'appareil à bout de bras, etc ;
-
s'éloigner
: prendre du champ. Avec les objectifs zoom, c'est plus facile pour retrouver un cadrage satisfaisant, en sachant que des déformations vont exister.
Pour éviter
la plongée
, les solutions sont, entre autres :
-
se baisser
: mettre un genoux à terre ou accoupi (position très instable, attention au flou de bougé) ;
-
s'éloigner
: prendre du champ et rectifier le cadrage avec le zoom.
Intérêts de la contre plongée
Comme toujours en composition d'image, il y a la règle et ... comment s'assoir dessus !
Les prises de vues en plongée ou contre plongée sont à éviter quand on ne fait pas exprès. En revanche, il est envisageable de profiter des effets pour améliorer une image.
Effet utile de la contre plongée : elle fait
grandir
les personnages. C'est une solution intéressante très souvent. Encore une fois, c'est faisable en mettant genou à terre. (Attention à la jambe du pantalon !)
La contre plongée amène une impression de dynamisme à une image.
Elle présente aussi les choses dans une configuration inhabituelle : si on ne fait pas de photo, on a souvent un ou deux yeux ... qui font de la plongée en permanence. Donc une photo en contre-plongée interpelle plus qu'une image en plongée.
Remarque :
Il est dit plus haut qu'il faut savoir si on photographie un monument ou les gens qui sont devant. Analysons l'image : pour le monument, plus il sera haut, plus il faudra éviter la contre-plongée. Pour les personnages, si on peut les avantager avec une contre plongée, c'est mieux. Comment résoudre la prise de vue : je privilégie le monument ou les personnages ? Donc : je photographie ou l'un ou les autres. Pas les deux en même temps !
De la plongée
Comme il est dit ci-dessus, c'est plutôt une constante dans les images qu'on saisit à longueur de temps. L'oeil, sinon le regard, est toujours au-dessus de la ceinture. Donc, le rendu d'une photo en légère plongée est banal puisque habituel.
Pour profiter des effets de la plongée, il faut donc ... plonger plus qu'à l'habitude : l'appareil doit être nettement plus haut que l'oeil du photographe normalement debout.
Dans le cas d'une plongée trop forcée, le sujet paraîtra écrasé, donc en position défavorable.
Petit exercice : faire une image d'un personnage un peu plus petit que soi debout depuis une position debout puis avec un genou à terre. Comparer les résultats.
Note personnelle :
lors de ma première sortie de prise de vue dans le parc thermal de Vittel, une petite dame m'avait demandé de la photographier. J'étais resté debout. Sur la photo, la pauvre dame, un peu voûtée, paraissait toute bossue. J'ai repris rendez-vous avec elle. J'ai suivi les conseil de Monsieur Marcel. La deuxième série d'images était bien plus réussie.
Un peu d'histoire
Quand on regarde des reportages d'avant la photo ou la télévision en couleur, on voit les reporters avec de gros appareils tenus en bandouillère. Ceux-ci visent en baissant la tête pour porter l'oeil sur une plaque horizontale.
Cela fait faire du sport. Mais, surtout, l'objectif est pratiquement à hauteur de ceinture des sujets. CQFD !
Ce type d'appareil
Roleiflex, Mamya C3
ou
C330, Haselblad
, etc existent toujours. Ils existent même en numérique. Leurs prix sont très attractifs : souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros ! En revanche, j'ai voulu acheter des films noir et blanc pour mon C3 il y a quelques jours. Je n'en ai trouvé qu'à Nancy.
Remarque importante
Cette page ne contient pas d'images. Je n'en trouve pas dans ma collection de photos de mes petites filles qui soient exposables sur internet, confidentialité exige.
Je ferai quelques clichés exposables quand elle reviendront à la maison.
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